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De l'élaboration d'une coupe >>>

Article de Xavier REMON-BEAUVAIS, paru dans Chroniques d'Art Sacré, Automne 2004.

 La visite d'un atelier d'orfèvre permet de comprendre qu'il existe diverses manières de réaliser une coupe de métal pouvant devenir calice, patène, ciboire. Différentes techniques d'usinage et de nombreuses opérations calibrées réaliseront un produit standardisé, sans vibration et sans âme. Au contraire, une approche toute manuelle, de façonnage lent et patient à l'aide d'outils simples, offrira un objet de sens dont l'offrande sera la finalité. C'est cette approche qui est la mienne, dans la modestie de mes moyens.
Les outils sont de toujours : des bigornes en acier poli, des maillets de buis, pour la mise en forme ; des marteaux polis pour les finitions. La technique est celle de la retreinte manuelle, c'est-à-dire la mise en forme de la feuille de métal pour donner naissance au volume. C'est un travail de potier de métal. Les gestes répétitifs et circulaires conduisent la matière que le feu du chalumeau viendra détendre entre chaque passe d'écrouissage.
Alternance d'énergie et de repos qui donne à l'esprit le temps du jugement sur la forme, à l'œil le regard sur le juste équilibre. Dans son avancement, la coupe est soupesée, jugée sur ses qualités de contenant, appréciée pour ce qu'elle va devenir : objet de relation et d'échange dans la liturgie eucharistique. Cet objet devenu calice n'est pas le privilège d'un seul, le prêtre, mais destiné à la transmission, fut-elle symbolique. On pourra deviner là mon intérêt pour des formes basses, avec un piètement modeste, des coupes ouvertes et chaleureuses, favorables au partage. Dépouillement et communion.

Xavier REMON-BEAUVAIS